
Pourquoi vous êtes-vous attaqué à ce record ?
Je suis coach sportif. Plusieurs de mes collègues avaient décidé de tenter le record de tractions par équipe, mais je n'étais pas libre ce week-end et j'ai donc passé mon tour. Il s'agissait de participer à une œuvre caritative, Sweet William, pour un jeune garçon en difficulté. J'étais déçu de ne pas participer, et j'ai alors appelé GWR pour savoir s'il existait d'autres records fitness, et si oui, lesquels m'étaient ouverts. J'ai choisi le record de tractions à la barre en 1 h. Le record à battre était de 445 tractions en 1 h en 2005. J'en ai fait 512.
Avez-vous besoin d'une grande préparation pour vos records ?
Pour ma première tentative, je n'ai eu aucune préparation particulière. Je me disais que le record n'avait pas l'air démesuré. Le week-end qui a suivi mon appel à GWR, je suis allé dans mon garage et j'ai dépassé le record existant de 50 répétitions. Le lundi, j'ai rappelé GWR pour les formalités officielles et voilà, comme je l'ai dit, j'avais atteint 512 tractions.
Quel effet cela vous fait d'avoir un Guinness World Record ?
J'ai du mal à mettre des mots sur ce que je ressens. Ce n'est pas seulement le record en lui-même, mais la démarche tout entière : décider du jour de l'épreuve, choisir le public, dompter la nervosité avant la tentative de record, soupirer de soulagement une fois l'épreuve terminée, avoir la satisfaction de raconter l'expérience le lendemain aux copains et, ensuite, attendre la confirmation officielle de GWR. Bien évidemment, la cerise sur le gâteau, c'est le certificat qu'on reçoit ! J'ai fait encadrer tous les certificats et je les accrochés au mur.
Imaginons que quelqu'un batte votre record. Qu'allez-vous faire ?
Si vous vérifiez, vous verrez ce que je fais : je les bats et je récupère mes titres, ce que j'ai déjà fait à maintes reprises.
En dehors de vos titres, quel est votre Guinness World Record préféré ?
Oh, il y en a tellement ! J'ai un grand respect pour les records de Paddy Doyle, car je sais à quel point il doit travailler dur pour les obtenir. Sinon, j'aime beaucoup les records sportifs et ceux des doux dingues. Vous voyez, impossible de faire un choix !
Pouvez-vous nous parler un peu de vous et votre parcours ?
J'ai dépassé les 55 ans, je suis marié et j'ai deux enfants. J'adore tous les sports; la photographie est ma seconde passion. J'ai grandi à Londres et je dirige ma propre société de gestion de biens. Le plus drôle, c'est que j'ai eu un grave accident à l'âge de 20 ans et que j'ai commencé à m'entraîner seulement à 42 ans. Mon bras gauche était si sévèrement touché que certains jours, je ne pouvais même pas le soulever au-dessus de ma tête; il a fallu deux ans pour retrouver 99 % de ma validité.
Pouvez-vous nous raconter une anecdote ou nous dévoiler une de vos particularités ?
Il y a bien un incident qui fait rire mon entourage. Je participais à une formation de premiers secours qui devait durer 4 jours. Avant l'examen final, on doit s'entraîner sur un mannequin, mais le jour de l'examen, vous devez effectuer les gestes sur une vraie personne. Bref, tout se passait bien jusqu'à ce que je doive vérifier que la personne respirait et n'avait pas avalé sa langue. En la retournant sur le côté, je lui ai craqué la nuque ; on a dû appeler une ambulance, lui passer une minerve et la conduire d'urgence à l'hôpital. Dois-je préciser que j'ai raté l'examen ?
Voulez-vous nous détailler votre entraînement type ?
C'est une combinaison de choses et d'autres : course à pied, vélo et rameur en salle et en extérieur. Je ne fais jamais le même circuit tous les mois. Mais je suis un circuit très intense, je m'entraîne quasiment tous les jours. Si j'ai une compétition en vue, je m'entraîne spécifiquement pour cela, en variant au maximum mes exercices : un bon moyen de travailler sans se laisser gagner par la routine. J'ai toujours un objectif lorsque je m'entraîne, mais j'essaie vraiment de varier mon programme.
Suivez-vous un régime particulier ?
Pas du tout. Cependant, je ne mange pas de viande rouge. Oh… et puis j'adore les noix.
Comment vous sentez-vous après une tentative de record ?
D'abord soulagé si j'ai battu le record existant car je me dis que je n'ai fait perdre de temps à personne. Puis vient l'euphorie ! C'est le lendemain qu'on prend conscience de ce que l'on vient d'accomplir et de son impact sur notre vie.
Vous arrive-t-il parfois de douter ?
Cela m'arrive oui, et c'est ce qui me stimule. Pour mon premier record, j'étais presque certain d'y arriver, mais maintenant que j'ai atteint mes limites, tout est beaucoup plus difficile. Le record de tractions à la barre était de 445 le 22 janvier 2005 ; mon dernier record est actuellement de 887, ce qui est près du double. Et je tenterai certainement d'améliorer encore ce record.